Atelier Reza Azard

ESA 2014 - Avec Zoé Rémon

Autour de moi, c’est le chaos. Tout s’enflamme, se consume, plus rien n’a de valeur. La brume s’intensifie ; je m’y enfonce petit à petit. Seules des colonnes créent des percées d’espoir vers le ciel. Elles m’appellent. Dès le premier rayon de soleil, le marbre des chapiteaux ioniques scintille et me rappele qu’il existe un échappatoire. Je sais qu’un jour j’atteindrai les hauteurs de cette ville céleste. Cependant, la circonférence hors norme de ses colonnes et leur base polie et marbrée modèrent toutefois ma frénésie d’ascension. Cette ville qui nous survole est diablement transpercée par la rugosité de la pierre. Ses plateaux reliés entre eux qui engendrent une circulation infinie, me laissent espérer, qu’un jour, je pourrais errer au sein de ces cours divines. Cette ville tentaculaire prend racine un peu partout sur notre terre. Chronotopia vient lier passé et présent, en croisant l’empreinte archéologique à la matière réelle. Ces plateaux horizontaux, si fins et légers, sont d’une immatérialité si surprenante qu’ils n’entraînent aucune ombre. Les planchers se confondent aux plafonds le tout soutenu par la verticalité de nos vestiges grecs. Cependant, malgré les plans, les échelles et les orientations différentes, l’un des plateaux semble tous les attirer. Serait-ce une ville centralisée où tous les chemins mènent à son coeur ? Mais est-ce que ces morceaux de notre passé représenteraient une possibilité d’avenir ? Cette ville dont on ne comprend seulement la structure, nous permettra-t-elle un jour d’y amener nos foyers ?